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Médiévales, N°15, 1988. Le premier Moyen-âge. pp. 97-117.

Fribourg-en-Brisgau, 1235 : quatorze années seulement s’étaient écoulées depuis la mort de leur fondateur lorsque les frères prêcheurs furent invités par les autorités urbaines à s’établir en ville. Deux ans plus tard, le jeune comte Conrad de Fribourg, de la famille d’Urach, relevait les biens présents et futurs des frères de toute imposition; il ne faisait qu’exaucer le vœu de son père, le comte Egeno (tl236), et de sa mère, la comtesse Adelheid, fondatrice du couvent de moniales d’Adelhausen, tous deux favorables aux frères et sans doute à l’origine de leur installation dans leur ville du Brisgau.

Si le couvent de Fribourg-en-Brisgau n’était que l’un des quelques 590 couvents de l’ordre qui couvraient la chrétienté à la fin du XIIIe siècle – dont 47 pour la province de Teutonie1 -, de son sein devaient sortir quelques grandes figures. Citons parmi ces « grands commis » de l’Église le frère Jean de Fribourg (fl304)2, qui exerça ses talents de prédicateur pendant cinquante années à travers l’Allemagne et l’Italie – à Bologne notamment – après une formation à Paris, avant de présider aux destinées de son couvent d’origine, Fribourg. La carrière d’un Jean de Dambach (fl372)3 se déroula également à l’échelle de la Chrétienté : après des études aux studia de Bologne, de Cologne et de Montpellier – où il obtint le grade de docteur en théologie -, il fut nommé, en 1347, lecteur du studium générale de Prague, nouvellement fondé aux cotés de l’Université créée par Charles IV; c’est à ce titre que Charles IV le délégua en Avignon; après un retour à Strasbourg, il fut appelé par Urbain V (1362-1370) ad magisterium Sacri Palatii.

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